La bibliothèque environnementale de la République démocratique du Congo vient de s’enrichir d’un nouvel ouvrage. C’est sous la plume du n° 1 du secteur, le ministre de l’Environnement et développement durable, Me Claude Nyamugabo Nazibuhe. « Méga biodiversité : enjeux de gouvernance et stratégies d’un leadership supranational », c’est l’intitulé de cette œuvre littéraire préfacée par le professeur Néhémie Mwilanya Wilondja.
Selon un rapport de l’organisation internationale Global Forest Watch rendu public en juin dernier, la République démocratique du Congo a été désignée comme l’un des pays ayant perdu la plus grande partie de la forêt tropicale primaire du monde en 2019. Le pays a donc perdu 475.000 hectares de forêt, ce qui le place en deuxième position après le Brésil, qui a perdu plus d’un million d’hectares de forêt en Amazonie.
En réaction, le ministre de l’Environnement et développement durable, Me Claude Nyamugabo Bazibuhe estime que la détermination du gouvernement congolais ne saura être secouée par les nouvelles d’un rapport alarmant sur la biodiversité du pays. Il soutient que l’ambition affichée depuis le sommet de l’Etat pour protéger l’environnement et lutter contre les changements climatiques devient un des piliers de la stratégie de croissance et du développement durable inscrit dans le programme du Gouvernement de la République.
C’est ce qu’il tente d’expliquer largement dans son nouvel ouvrage qui vient de paraître et intitulé « Méga biodiversité : enjeux de gouvernance et stratégies d’un leadership supranational ». Dans sa démarche, en effet, l’auteur a aussi cerné les défis du secteur environnemental congolais et proposé les pistes de solution.
Signalons qu’en plus de la dédicace, de la préface, de l’introduction et de la biographie de l’auteur, la table des matières de l’ouvrage du ministre Nyamugabo présente trois grands chapitres avec une conclusion.
Quid de l’ouvrage : présentation géographique du pays
D’abord l’auteur commence par une brève présentation de la RDC. Un des plus grands pays d’Afrique, la RDC s’étend sur 2.345.409 km² et elle est située à cheval sur l’Équateur et partage près de 9.000 km de frontières avec neuf pays (Soudan du Sud et République centrafricaine au Nord, Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie à l’Est, Zambie et Angola au Sud, République du Congo et la province angolaise de Cabinda à l’Ouest).
Avec un climat équatorial chaud et humide toute l’année au centre puis tropical au Sud et au Nord sur fond d’alternance de saisons sèches et de saisons des pluies, la RDC est dotée d’une pluviométrie abondante disposant de 52% des réserves totales d’eau douce du continent. Le réseau hydrographique se déverse sur l’ensemble du territoire national et est dominé par le bassin du Congo.
Le majestueux fleuve Congo, long de 4.670 km dont le débit de 30.000 mètres-cubes par seconde à son embouchure, en fait le deuxième plus important au monde après l’Amazone. Son relief diversifié possède une large cuvette au centre et à l’Ouest, serpenté à l’Est et au Sud par de hauts plateaux. La partie orientale est dominée par une chaîne volcanique entrecoupée de lacs.
La végétation définit trois grandes régions naturelles que sont: la forêt dense humide dans la cuvette centrale et à l’Ouest; les forêts sèches et les savanes dans la partie méridionale et sur la frange septentrionale; et les écosystèmes de montagne le long de la frontière orientale.
Avec 155 millions d’hectares de forêt du territoire national, la RDC est donc l’un des plus grands pays forestiers au monde, disposant de plus de la moitié de la forêt du bassin du Congo.
Pour l’aperçu de l’inventaire de la méga biodiversité de la RDC
Le ministre Claude Nyamugabo dans son ouvrage rappelle que la biodiversité de la RDC est comptée parmi celles des 16 pays du monde qualifiés de méga biodiversité (taux élevé d’endémisme). A elle seule, la RDC représente environ 10% des forêts mondiales et plus de 47% de celles d’Afrique.
Pour lui, la démarche est de faire un aperçu de l’inventaire de cette richesse sur l’ensemble du territoire national, « en vue de se laisser convaincre d’une réalité que plusieurs ignorent et de la nécessité d’œuvrer pour le repositionnement de notre pays dans le top du leadership environnemental mondial ».
Il affirme que « La connaissance de la biodiversité de notre pays est non seulement un atout majeur pour la gestion durable des ressources naturelles, mais également une obligation pour défendre nos droits de siège sur la scène internationale. Le monitoring de la biodiversité, mais aussi la maîtrise des bonnes pratiques et connaissances locales garantissent et sous-tendent cette rationalité ».
Il note aussi que la RDC est connue dans le monde par la richesse de sa biodiversité et du fait d’être la pierre angulaire du bassin du Congo qui occupe la deuxième place mondiale en termes de superficie des bassins versants (environ 3,7 millions de km2), derrière le bassin amazonien. « D’aucuns parlent du poumon de la planète et du cœur de l’Afrique, car situé au centre du continent. Il s’agit bien du bassin du Congo, une ressource qui fait parler de la RDC dans le monde, à l’origine de la convoitise qui pousse certains dirigeants à qualifier Dieu d’injuste pour s’être intéressé de manière exagérée à la RDC », indique le ministre.
Il explique que le bassin du Congo est un bloc de 2 millions de km² qui s’étend des côtes du golfe de Guinée à l’Ouest aux montagnes du rift Albertin à l’Est. Ce qui fait de lui le deuxième plus grand massif des forêts tropicales denses et humides après celles de l’Amazonie.
Deuxième poumon de la planète, poursuit-il, les forêts du bassin du Congo abritent la plus importante biodiversité d’Afrique (60%), comprenant par exemple 14.000 espèces de plantes; du côté animal, des espèces remarquables tels que: l’okapi, le rhinocéros blanc, le bongo, le bonobo et le gorille logés essentiellement en RDC.
Quelle est la répartition de cette biodiversité par province ? De répondre, Me Claude Nyamugabo fait remarquer qu’il est vrai que les résultats actuels des études restent pour la plupart incomplets et non à jour. « Une actualisation des données s’avère impérieuse. Il existe peu de données sur la faune ornithologique en dehors des aires protégées. Notre performance dans la gouvernance des écosystèmes reste liée à la maîtrise des connaissances d’une biodiversité légendaire particulièrement en milieu agricole pour résoudre des problèmes liés à la sécurité alimentaire sur des terres à 98 % arables », a-t-il recommandé.
Pour le ministre Claude Nyamugabo, il apparaît donc urgent de faire un état des lieux complet et professionnel de la biodiversité de la RDC, « une des priorités nationales à inscrire dans l’agenda immédiat afin d’assurer une gestion durable de nos ressources naturelles. Point n’est besoin de rappeler que les études herpétologiques au Sud-Kivu ont grandement contribué à la science environnementale mondiale ».
De la politique nationale des tourbières
Le ministre Claude Nyamugabo a dans son livre signifié que la problématique des tourbières en RDC tourne autour de trois réalités: la localisation, la quantification et l’exploitation. Ensuite interviendra l’élaboration d’une politique et des stratégies nationales des tourbières fondée sur des données fiables et autour de deux axes principaux: la conservation et la valorisation.
A ce stade, soutient-il, le Ministère de l’Environnement et Développement durable a écrit une feuille de route qui est un corpus programmatique. Elle contient plusieurs projets à réaliser.
Le premier c’est la cartographie, l’évaluation du stock de CO2 et les inventaires multisectoriels des tourbières en vue de doter le pays des données sur la répartition des tourbières dans les provinces pouvant être capitalisée pour l’élaboration et l’implémentation des programmes à impact visible. Deuxièmement, la réalisation des recherches multidisciplinaires dans les zones à tourbières pour accroître les connaissances en la matière et doter le pays d’une base de données socioéconomiques fiables.
Point trois, c’est le renforcement des capacités nationales sur les tourbières: renforcer les capacités et assurer le transfert des compétences techniques et informationnelles des acteurs nationaux et provinciaux, dans la compréhension, la conservation et la valorisation des tourbières. En quatrième lieu, l’adaptation des outils de mise en œuvre des projets et programmes sur les tourbières: l’implémentation des projets et des programmes devra s’appuyer sur des outils de mise en œuvre.
Le cinquième projet à réaliser est la mise en œuvre des programmes pilotes à impact visible dans les zones à tourbières afin de s’attaquer aux menaces actuelles et futures qui pèsent sur les tourbières. Il serait important de développer des activités qui adressent des réponses aux causes de la dégradation de cet écosystème. « On commencera par un programme pilote visant la lutte contre l’assèchement des zones à tourbières pour le besoin de la pèche et/ou de l’agriculture », affirmé le ministre.
Et enfin, l’implémentation des programmes pilotes s’attaquant aux moteurs de dégradation des tourbières.
« Le ministère de l’Environnement et Développement durable fera en sorte que la politique des tourbières soit en connexion avec les autres initiatives (changements climatiques, REDD, CDN, politique forestière). Il est aussi prévu un partage d’informations pratiques avec d’autres pays qui ont une expérience avérée dans la gestion des tourbières tel que l’Indonésie. Il nous faut donc lancer un appel à tous les partenaires pour soutenir les besoins en financement du ministère au sujet de cette problématique à l’issue d’un Forum national programmé sur les tourbières », rassure le ministre Claude Nyamugabo.
Bokulaka Baende
Le Vice-Premier ministre en charge de l'intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a procéd
Le Monkeypox, également connu sous le nom de variole du singe, est une maladie virale qui a récemment attiré l'attention en raison de plusieurs cas
En République démocratique du Congo, le Président de la République Félix Tshisekedi a promulgué le 14 novembre dernier la loi p
La justice belge a condamné trois personnes à des peines allant jusqu’à 8 mois de prison ferme et à une amende allant jusqu’à 8 000€ pour avoir imp