La société civile environnementale, le conservateur et la coopération Allemande lancent à l'unisson un cri d'alarme sur la disparition du Parc National de Kahuzi-Biega si aucune action n'est entreprise en toute urgence.
Ils l'ont dit au cours d'une réunion organisée par le directeur adjoint de l'ICCN Théophile Ngomo Difuma en séjour au Sud-Kivu pour s'enquérir de l'état de lieu du PNKB.
Pour la société civile environnementale, les dégâts sont énormes, plus de 2000 sacs de braises issus des arbres abattus dans le parc de Kahuzi-Biega traversent chaque jour pour Goma , au Nord-Kivu et Bukavu, au Sud-Kivu.
" Nous risquons de perdre le Kahuzi Biega vers Kalehe où c'est le Makala de Kahuzi-Biega qui nourrit la ville de Goma actuellement. Des embarcations de fortune et au moins deux bateaux quittent le PNKB tous les jours.
D'où nous voudrions attirer votre attention en tant que autorités de prendre bec avec le gouverneur du Sud-Kivu pour suspendre le transport de tout produit qui provient du PNKB. Que le gouverneur nous aide à trouver une solution urgente. Avec cette situation plus de 2000 sacs de Makala traversent Goma presque chaque jour et avec cette situation, le Parc National de Kahuzi Biega risque d'être transformé en champ de pâturage" a lancé Josué Aruna.
Pour la GIZ, la situation est grave et des mesures urgentes doivent être prises. Plus de 2000 sacs par jour, c'est trop estime GIZ.
" Moi je suis choquée. Actuellement, on est dans un état où on ne peut pas retourner. La coopération Allemande et la KFW, on est là pour vous aider. Il ya des bateaux qui quittent Goma, il y a aussi Bukavu qui vit des Makala du PNKB. Pour ça, on doit trouver une solution durable pour cette question", a expliqué la représentante de GIZ dans ces assises.
Pour le chef de site du PNKB, le professeur Deo Kujirakwinja, ce patrimoine mondial fait face à une agression de la part des hommes armés, des civils et également les peuples autochtones.
Mais il faut une collaboration tous azimuts pour mètre fin à cette menace.
" Les problèmes et les défis pour les aires protégées sont énormes. Non seulement, ceux qui ont été évoqués par la société civile, les aires protégées font face à une agression sans pitié. Que ça soient les militaires, que ça soit la population civile, et que ça soient les peuples autochtones, pour nous ces défis nous devons les remettre aux autorités dans les mains des autorités. Nous au niveau de la province, nous sommes obligés de continuer les efforts afin de voir comment stopper ou diminuer toutes ces menaces qui pèsent sur les aires protégées" a indiqué Deo Kujirakwinja directeur de site PNKB Sud-Kivu.
A l'issue de ces assises, le directeur adjoint de l'ICCN a salué les efforts des écogardes et de toutes les parties prenantes engagées dans le domaine de l'environnement.
" Nous avons les écogardes qui se battent sur le terrain mais cela n'est pas suffisant. Nous devons nous battre, nous avons bien retenu le message" explique Théophile Ngomo Difuma Directeur adjoint de l'ICCN.
Au Sud-Kivu, Théophile Ngomo Difuma sera avec les écogardes du Parc National de Kahuzi Biega à Civanga ce 06 juillet 2023 pour les encourager.
Justin Mwamba
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