La coexistence entre les éléphants et les populations locales de Malemba Nkulu et Ankoro, dans la province du Haut-Lomami, demeure une problématique préoccupante. Des agressions contre les personnes et des destructions répétées de champs sont régulièrement signalées dans ces zones. La question a été largement évoquée à l’occasion du passage de Tina L’Ain, directrice du Parc national d'Upemba, à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, Sud-Est de la République démocratique du Congo.
Le suivi de la faune, un outil clé de compréhension
Pour mieux comprendre les déplacements de la faune et réduire les conflits homme-faune, le Parc national d’Upemba a engagé un programme de suivi par colliers GPS, d’abord avec les zèbres, puis avec les éléphants.
« Le plus simple, c’était sur les zèbres qui sont très proches de la station et on a réussi à mettre des colliers. Maintenant, on arrive à suivre toute la population des zèbres parce qu’ils sont en groupes familiaux de 20 jusqu’à 60 individus », a expliqué Tina L’Ain.
Elle précise que le contexte écologique du plateau facilite ce travail.
« Les zèbres n’ont pas trop de difficultés parce qu’il n’y a pas tellement de prédateurs au niveau du plateau, ils sont plutôt tranquilles. Cela nous aide à les suivre et à pouvoir les recenser correctement. »
Au total, les dix colliers initialement prévus pour les zèbres ont été posés avec succès.
Une opération délicate chez les éléphants
La mise en place des colliers sur les éléphants s’est révélée beaucoup plus complexe, tant sur le plan technique que logistique.
« L’opération de la mise des colliers des éléphants, qui s’est passée l’année dernière au mois de mai, était plus compliquée. On a dû faire venir un hélicoptère et un vétérinaire », a-t-elle indiqué.
Endormir un éléphant représente un risque important.
« S’il faut faire endormir un éléphant, très rapidement vous devez arriver à lui mettre le collier et le réveiller dans un intervalle de temps, car si sa température monte, ça peut devenir dangereux. C’était une opération avec beaucoup de défis. »
Sur les dix colliers prévus pour les éléphants, neuf ont finalement pu être installés.
« Le dixième collier n’a pas été posé parce qu’il n’était pas totalement opérationnel », a précisé la directrice du parc.
Des éléphants hors du parc, au cœur des tensions
Actuellement, trois colliers suivent des familles d’éléphants à l’intérieur du Parc national d’Upemba, tandis que six autres ont été posés dans la zone d’Ankoro, située à plus de 200 kilomètres du parc.
« Ankoro est une zone totalement à l’extérieur du parc. Il y avait certaines préoccupations avec les éléphants qui s’y trouvaient, et on a voulu aider à suivre leurs mouvements et voir avec les communautés comment arriver à les protéger », a expliqué Tina L’Ain.
Les données collectées ont permis de corriger une perception largement répandue.
« Avec les six familles d’éléphants qui ont des colliers à Ankoro, on se rend compte que ce ne sont pas des éléphants d’Upemba comme on le dit souvent. Ils n’ont jamais été dans le parc. »
Selon elle, les éléphants qui causent des dégâts à Malemba Nkulu proviennent de la zone d’Ankoro et empruntent des corridors naturels saisonniers.
« Pendant une certaine saison, ils suivent leur corridor naturel pour redescendre et ensuite remonter », a-t-elle souligné.
Sensibilisation et solutions concertées, plutôt que la violence
Face à cette situation, Tina L’Ain insiste sur la nécessité d’une large sensibilisation communautaire.
« Il y a un grand besoin de sensibilisation au niveau des communautés sur comment coexister pacifiquement avec ces éléphants. Les reprendre et les amener dans un parc, ce n’est pas leur habitation naturelle. Ils repartiront de toute façon. »
Elle met également en garde contre les méthodes brutales utilisées contre les éléphants.
« Il faut des solutions conjointes, pas seulement le refoulement avec des balles ou des chasseurs qui tentent de les tuer. »
La directrice du parc a rappelé que deux éléphants avaient été tués au début de l’année dernière à Ankoro, un événement qui aurait accentué l’agressivité de certains groupes.
« C’est ce qui a créé plus d’agressivité avec les six familles d’éléphants. Il faut absolument trouver de bonnes solutions pour coexister et protéger les champs », a-t-elle conclu.
Entre conservation de la faune et protection des moyens de subsistance des communautés locales, la question de la coexistence homme-éléphant dans le Haut-Lomami reste un défi majeur, appelant des réponses concertées et durables.
José Mukendi
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