Les agriculteurs de Beni, réunis au sein de la société coopérative Mukulima na Haki Yake, ont échangé, mardi 7 juillet, avec des représentants de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) au cours de leur réunion hebdomadaire organisée au bureau de la société civile de Beni.
Cette rencontre visait à instaurer un dialogue direct entre les agriculteurs et l’ICCN afin de favoriser une meilleure compréhension du rôle de cette institution dans la gestion du conflit lié aux limites du Parc national des Virunga et de contribuer à la réduction des tensions entre les deux parties.
Les discussions ont permis d’identifier plusieurs priorités, notamment la poursuite de la clarification des limites du parc, particulièrement dans les zones où persistent des tensions. Les participants ont également insisté sur le renforcement des actions de sensibilisation portant sur la législation relative à la conservation de la nature, les limites officielles du parc ainsi que les droits et devoirs des communautés riveraines.
Les participants ont, en outre, recommandé d’élargir ces campagnes de sensibilisation à d’autres organisations paysannes et aux communautés vivant à proximité du Parc national des Virunga afin de renforcer leur information et leur implication dans les efforts de préservation de l’environnement et de cohabitation pacifique.
Selon le président de la coopérative Mukulima na Haki Yake, Kakule Kamangura Wamasinda, les agriculteurs privilégient désormais le dialogue avec l’ICCN afin de prévenir les incidents liés au conflit des limites du parc. Il a également indiqué que les représentants de l’ICCN ont annoncé qu’une communication du gouverneur sur la limite provisoire du parc était attendue afin de permettre à chaque partie de connaître clairement les espaces concernés.
« Nous ne voulons plus des confrontations avec l’ICCN. C’est pourquoi nous privilégions un cadre d’échanges permanents entre les agriculteurs et l’ICCN afin d’éviter les incidents liés au conflit des limites du parc. Les représentants de l’ICCN nous ont expliqué leur travail et nous ont rassurés que, dans les prochains jours, le gouverneur éclairera la population sur la limite provisoire du parc afin que chaque partie connaisse clairement ses limites. Nous avions une mauvaise image de l’ICCN sans réellement connaître son travail. Nous apprécions cette rencontre », a-t-il déclaré.
De son côté, le porte-parole de l’ICCN au Nord-Kivu, Bienvenu Bwende, a salué cette initiative, estimant que la mise en place d’un cadre d’échanges directs entre les agriculteurs et l’ICCN constitue une étape importante pour réduire les incompréhensions et favoriser la recherche de solutions durables aux différends liés aux limites du Parc national des Virunga.
« La volonté affichée par les agriculteurs de créer un cadre d’échanges sans intermédiaire entre eux et l’ICCN contribuera à apaiser les tensions. Ils ont compris que la plupart des incompréhensions sont souvent entretenues par des intermédiaires. Cette première étape permettra d’identifier les véritables points de divergence afin de progresser vers des solutions apaisées », a-t-il indiqué.
Cette deuxième rencontre en moins de deux mois traduit la volonté des deux parties de maintenir un dialogue permanent en vue de renforcer la cohabitation entre l’aire protégée et les communautés riveraines.
Josué Mutanava, à Goma
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