L'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a condamné avec la plus grande fermeté le lynchage d'un singe du Jardin zoologique et botanique de Kisangani (JZBKis), qualifiant cet acte de cruauté d'atteinte grave au patrimoine naturel de la République démocratique du Congo.
Dans un communiqué, l'institution rappelle que la faune sauvage constitue une richesse nationale protégée par la loi et appelle les autorités à faire toute la lumière sur les circonstances de cet incident. Elle exhorte également la population au civisme et au respect des textes relatifs à la protection de la biodiversité, soulignant que la préservation des espèces animales est une responsabilité collective. L'ICCN avertit par ailleurs que les auteurs d'actes de maltraitance envers la faune s'exposent aux sanctions prévues par la législation congolaise.
Selon le communiqué, le primate s'était échappé de son enclos avant d'être aperçu sur le campus de l'Université de Kisangani (UNIKIS), puis près du cimetière de Makiso. Au lieu d'alerter les responsables du zoo, des habitants l'ont poursuivi, caillassé, puis frappé à coups de bâton jusqu'à sa mort.
La Direction du Jardin zoologique et botanique de Kisangani précise que le singe, dénommé Manu, vivait au sein du jardin zoologique depuis près de six ans. Habitué à la présence humaine, il ne présentait aucun comportement agressif et ne constituait pas un danger pour la population.
Au-delà de sa valeur patrimoniale, l'animal représentait un intérêt scientifique exceptionnel. D'après les responsables du zoo, il était issu d'un croisement rare entre un babouin mâle et un cercocèbe femelle, une particularité susceptible d'alimenter des recherches sur ses caractéristiques biologiques et comportementales.
À la suite de cet incident, la Direction du Jardin zoologique et botanique de Kisangani exhorte les Boyomais à ne jamais s'en prendre aux animaux sauvages en divagation. Elle recommande de prévenir immédiatement les services spécialisés afin de permettre une intervention sécurisée et invite la population à éviter toute confrontation avec un animal sauvage en divagation, à prévenir sans délai les services du zoo et à contribuer à la protection du patrimoine faunique.
La Direction rappelle enfin que la capture, la maltraitance, la détention, la commercialisation ou la mise à mort d'espèces protégées constituent des infractions punies par la loi n° 24/020 du 30 décembre 2024, modifiant et complétant la loi n° 14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature.
Josué Mutanava
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