Dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, la lutte contre le changement climatique s’appuie désormais sur l’agroforesterie et l’autonomisation économique des femmes. Au total, 51 hectares de terres sont ciblés pour le reboisement et la mise en place de systèmes agroforestiers favorables à la production du cacao, dans le cadre d’un projet mis en œuvre par des organisations paysannes partenaires du programme « Femmes en Action » de l’Institut Jane Goodall (JGI).
L’initiative est déployée dans les groupements Wassa et Utunda, dans le secteur des Wanianga. Elle vise notamment à renforcer la résilience climatique des jeunes femmes et des femmes vivant dans un contexte marqué par les effets des conflits, tout en leur offrant des opportunités d’autonomisation économique à travers des activités agricoles durables.
Le projet repose sur une approche agroforestière qui consiste à associer les cultures agricoles, notamment le cacao, à des arbres destinés à protéger les sols, améliorer la fertilité des terres et contribuer à la restauration des écosystèmes.
Dans cette perspective, trois pépinières communautaires ont été installées à Kasangano, Obianda et Makana. Elles constituent des espaces de production des plants destinés au reboisement des 51 hectares ciblés.
Pour assurer le fonctionnement de ces pépinières et accompagner les communautés bénéficiaires, 12 pépiniéristes et 20 mobilisatrices communautaires ont été formés. Ces acteurs sont appelés à jouer un rôle important dans la production des plants, leur entretien, ainsi que dans la sensibilisation des populations sur l’importance de préserver les ressources forestières.
Au-delà de la simple plantation d’arbres, l’initiative cherche ainsi à faire de la protection de l’environnement une activité portée directement par les communautés, avec une attention particulière accordée aux femmes.
Dans une région où les populations dépendent fortement des ressources naturelles pour leur subsistance, la dégradation des forêts constitue à la fois une menace environnementale et économique. L’agroforesterie apparaît dès lors comme une réponse permettant de concilier production agricole, restauration des terres et conservation des écosystèmes.
À travers leur participation aux activités de pépinières, de plantation et d’entretien des arbres, les femmes sont progressivement initiées aux pratiques permettant de contribuer à la préservation du couvert forestier et à la lutte contre le changement climatique.
L’objectif est également de leur permettre de développer des activités génératrices de revenus autour de la filière cacao. La production cacaoyère, lorsqu’elle est intégrée à des systèmes agroforestiers adaptés, peut ainsi devenir un moyen d’améliorer les revenus des ménages tout en réduisant la pression exercée sur les forêts naturelles.
Cette approche donne donc une double dimension au projet : protéger l’environnement et renforcer l’autonomie économique des femmes, particulièrement celles qui vivent dans des zones affectées par les conséquences des conflits.
L’initiative intervient alors que les communautés rurales de Walikale restent fortement dépendantes de l’agriculture et des ressources forestières. Les changements dans les conditions climatiques, la dégradation des sols et la pression exercée sur les forêts peuvent fragiliser davantage les moyens de subsistance des populations.
Pour ces organisations paysannes, le reboisement de 51 hectares constitue ainsi une contribution locale à la restauration des paysages et à la création de systèmes agricoles plus résilients. Les arbres plantés peuvent notamment contribuer à la protection des sols contre l’érosion, à la conservation de l’humidité et à l’amélioration progressive des conditions de production agricole.
Le projet entend également encourager une prise de conscience communautaire sur la nécessité de protéger les forêts, non seulement comme patrimoine naturel, mais aussi comme source de revenus et de moyens de subsistance pour les générations actuelles et futures.
Cette démarche s’inscrit par ailleurs dans la vision du ministère de l’Agriculture, qui encourage le développement d’une agriculture plus durable, capable d’améliorer la productivité tout en préservant les ressources naturelles.
À Walikale, l’association entre cacao, reboisement et autonomisation des femmes constitue ainsi une expérience qui cherche à répondre simultanément aux défis économiques, environnementaux et sociaux auxquels sont confrontées les communautés rurales.
Pour les organisations paysannes impliquées, l’enjeu est désormais de maintenir les plantations dans la durée, d’assurer le suivi des plants produits dans les trois pépinières et d’accompagner les bénéficiaires afin que les superficies reboisées puissent effectivement contribuer à la restauration des écosystèmes et au développement de la filière cacao.
Avec les 12 pépiniéristes et 20 mobilisatrices communautaires formés, les communautés de Wassa et Utunda disposent désormais d’un noyau local capable de poursuivre la sensibilisation et l’accompagnement des agriculteurs.
À travers cette initiative, le reboisement ne se limite donc plus à la plantation d’arbres. Il devient un levier d’autonomisation des femmes, de promotion du cacao et de résilience des communautés face au changement climatique, dans un territoire où la préservation des forêts constitue un enjeu majeur pour l’avenir des populations.
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