Dans les marchés de Bunia, le message se voulait simple, mais lourd d’enjeux : protéger le lac Albert avant que l’exploitation pétrolière ne bouleverse davantage la vie des communautés riveraines.
Mardi 28 octobre, le Cadre de concertation de la société civile sur les ressources naturelles (CdC/RN), avec le Forum des engagés pour le développement (FORED), a investi douze marchés de la ville de Bunia dans le cadre de la campagne « Notre terre sans pétrole ».
Pendant plusieurs heures, les équipes de sensibilisation sont allées à la rencontre des commerçants et de la population. Leur objectif : expliquer, au plus près du quotidien des habitants, les conséquences que pourrait entraîner l’exploitation du pétrole dans la région du lac Albert.
Dans les marchés, parler du pétrole autrement
De Kolomanyi à Saïo, en passant par Ndibe, Simbiliabo, Yambi Yaya, Hoho, Dhele, Kasegwa, Mudzipela, Monuc, Kindia et le marché central de Bunia, les sensibilisateurs ont multiplié les échanges directs avec la population.
Loin des salles de conférence, le débat s’est donc déplacé dans les lieux où se déroule une grande partie de la vie économique de la ville.
À travers des messages et des supports visuels, les équipes du CdC/RN et de FORED ont notamment attiré l’attention sur plusieurs risques associés à l’exploitation pétrolière : la pollution, le déplacement des populations, les conflits fonciers et la dégradation de la biodiversité du lac Albert.
Pour les organisateurs, il ne s’agit pas seulement de parler de pétrole. Il est surtout question de l'avenir des personnes qui dépendent directement des ressources naturelles de leur environnement.
Des communautés directement concernées
Le lac Albert constitue un espace essentiel pour les communautés qui vivent dans son voisinage. Toute modification importante de cet écosystème pourrait avoir des répercussions sur leurs activités et leurs moyens de subsistance.
C’est précisément cette dimension sociale que les deux organisations veulent mettre au centre du débat. La campagne cherche à sensibiliser les citoyens sur les enjeux environnementaux, sociaux et économiques liés à l'exploitation pétrolière.
Le message porté par les sensibilisateurs est également celui d'une participation plus importante des communautés dans les décisions concernant les ressources naturelles de leur territoire.
La biodiversité au cœur de la bataille
Au-delà des préoccupations humaines, les organisations attirent l’attention sur la biodiversité du lac Albert.
Pour le CdC/RN et FORED, la protection de cet écosystème doit être pensée sur le long terme. Leur démarche s'inscrit ainsi dans une vision qui défend une gestion des ressources naturelles à la fois responsable et participative, avec une attention particulière portée aux générations futures.
Cette campagne intervient par ailleurs dans le cadre de la semaine de l’environnement lancée par le président de la République, donnant à cette mobilisation un contexte national plus large.
Une mobilisation appelée à se poursuivre
La campagne menée dans les marchés de Bunia n'est pas présentée comme une action isolée. Elle s'inscrit dans une mobilisation plus large autour du slogan « Notre terre sans pétrole », déjà porté par plusieurs acteurs de la société civile préoccupés par l'avenir du lac Albert et des communautés riveraines.
En allant directement vers la population, le CdC/RN et FORED cherchent à faire du citoyen un acteur du débat sur les ressources naturelles.
À Bunia, entre les étals des marchés et les discussions du quotidien, une question prend ainsi de plus en plus de place : quel avenir pour le lac Albert et ses communautés face aux ambitions pétrolières ?
Pour les organisations à l'origine de cette campagne, la réponse passe d'abord par l'information, la vigilance citoyenne et la défense d'une gestion des ressources naturelles qui ne sacrifie ni l'environnement ni les moyens de subsistance des populations.
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