Après près de 40 ans de disparition, le buffle a refait son apparition dans la Concession forestière des communautés locales (CFCL) de Kibu, située en territoire de Walikale, dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. Ce retour est le résultat des efforts soutenus de conservation communautaire et de gestion durable menés par les communautés locales.
D’une superficie de 32.540,634 hectares, la CFCL de Kibu est gérée par la communauté Bafuna-Bakano. Cet espace forestier abrite une biodiversité remarquable, notamment des grands singes tels que les chimpanzés, et joue un rôle important dans la préservation des écosystèmes forestiers du territoire de Walikale.
Un retour confirmé sur le terrain
Ces derniers mois, plusieurs observations du buffle ont été rapportées par les communautés locales et les peuples autochtones vivant dans la concession. Des indices tangibles de sa présence ont été relevés lors de missions de biomonitoring menées par l’ONG Forêt pour le Développement Intégral (FODI), avec l’appui du Programme des Petites Initiatives (PPI) du Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Les équipes ont documenté différents signes de passage du mammifère, notamment des empreintes, des crottes, des restes d’aliments, des dortoirs et des pistes. Ces indices confirment que le buffle circule actuellement dans trois CFCL contiguës : Kibu, Banisamasi et Kisimbosa.
Une disparition liée à l’insécurité
Selon les témoignages recueillis, le buffle avait disparu de cette zone forestière à la suite de plusieurs décennies d’insécurité marquées par des affrontements entre groupes armés locaux et un braconnage intensif ciblant les grands mammifères. La pression humaine avait progressivement réduit les populations animales, jusqu’à faire disparaître certaines espèces emblématiques.
Le retour du buffle est aujourd’hui attribué aux campagnes de sensibilisation menées par les organisations environnementales, ainsi qu’à l’implication directe des communautés locales dans la protection de la faune et la gestion durable de leurs ressources naturelles.
Une population encore fragile
Malgré cette avancée encourageante, la population de buffles reste très limitée. Elle est estimée à environ six individus, selon les témoignages des habitants et des peuples autochtones. Cette faible densité rend l’espèce particulièrement vulnérable.
Parmi les principales menaces identifiées figurent le braconnage, favorisé par la situation sécuritaire toujours instable dans la région, ainsi que les activités anthropiques susceptibles de dégrader l’habitat naturel du buffle et des grands singes. L’absence de coordination entre les trois CFCL concernées constitue également un frein à une stratégie de conservation efficace à l’échelle du paysage forestier.
Des défis pour renforcer la conservation
Sur le plan opérationnel, FODI fait face à plusieurs difficultés, notamment le manque de ressources humaines qualifiées pour le suivi des grands mammifères, le personnel étant principalement formé au monitoring des grands singes. Les moyens matériels et financiers demeurent également limités.
L’organisation plaide ainsi pour un renforcement des capacités techniques, un appui financier durable et une meilleure collaboration inter-CFCL afin d’assurer la survie à long terme du buffle et la préservation de la biodiversité dans cette partie du territoire de Walikale.
Pour FODI, l’un des prochains défis majeurs reste l’obtention d’une première photo du buffle dans son milieu naturel, une preuve visuelle qui viendrait renforcer les données scientifiques déjà collectées et appuyer davantage les efforts de conservation communautaire.
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