Au total, vingt-neuf communautés forestières de l'est et de l'ouest de la République démocratique du Congo (RDC) bénéficient de nouveaux financements destinés à soutenir des activités économiques locales tout en contribuant à la préservation des forêts, a annoncé le Fonds communautaire pour les forêts (FCF).
Après une première série de subventions accordées en 2025, huit communautés de la province de l'Équateur obtiennent un deuxième financement, tandis que 21 autres communautés reçoivent un premier appui, dont neuf dans l'Équateur et douze dans l'est du pays.
Les financements soutiennent notamment des projets d'agriculture, d'élevage, de pisciculture, d'apiculture, de transformation des produits agricoles, de transport et d'énergie solaire.
À Ehanga, dans la province de l'Équateur, la première subvention avait notamment permis à la communauté d'acquérir une pirogue motorisée pour acheminer ses marchandises vers les centres commerciaux. L'embarcation est également louée aux communautés voisines, générant des recettes supplémentaires.
« Les revenus de ces transports nous permettent de renforcer les activités de développement de notre CFCL », explique Mwanza Mola, membre de la communauté d'Ehanga.

Avec sa deuxième subvention, la communauté prévoit d'acquérir une nouvelle pirogue motorisée et quatre charrettes afin de faciliter le transport des récoltes jusqu'au port. Elle entend également cultiver huit hectares d'arachides et utiliser une partie des revenus pour réhabiliter son poste de santé.
Les projets financés sont choisis lors d'assemblées communautaires auxquelles participent les habitants, selon le FCF.
Premiers financements dans l'Est
Le dispositif, jusque-là expérimenté dans l'Équateur, s'étend désormais à l'est de la RDC, où douze communautés reçoivent leurs premières subventions sous forme de matériels et d'équipements.
À Asimia, une décortiqueuse de riz livrée début octobre doit permettre aux habitants de transformer leur production localement et d'en accroître la valeur.
« Nous pensons qu'au travers des activités menées grâce à cette machine, nous allons générer
des recettes pour financer de petits projets au sein de notre communauté, en particulier pour les femmes regroupées au sein des associations AVEC», raconte Tanzi Makofi Madrandele, président
du comité local de gestion de la CFCL Asimia.
À Walikale, dans l'est du pays, la communauté de la CFCL Babumbu a pour sa part opté pour la culture du maïs, avec l'objectif d'améliorer l'alimentation des ménages tout en créant une nouvelle source de revenus.
« Nous avons choisi de cultiver du maïs parce que le manioc et les arachides ne donnent plus de bonnes récoltes. Nous voulons produire de la farine pour nourrir nos familles, mais aussi en vendre pour payer les frais scolaires et les soins de nos enfants.», explique Madame Omokondi,
représentante des femmes au sein du comité local de gestion de Babumbu.
La communauté souhaite parallèlement réduire le défrichement de nouvelles superficies forestières en privilégiant des terres déjà cultivées par le passé. Les recettes générées pourraient aussi financer d'autres activités, dont la pisciculture.
Des projets dans les zones de tourbières
Dans la province de l'Équateur, les communautés de Bikita et Mangbende, situées dans des zones de tourbières, ont choisi respectivement des activités d'apiculture et d'élevage porcin afin de diversifier leurs sources de revenus.
Les tourbières constituent d'importants réservoirs naturels de carbone et jouent un rôle majeur dans la régulation du climat. Le développement d'activités économiques alternatives vise notamment à limiter la pression exercée sur ces écosystèmes fragiles.
Le Fonds communautaire pour les forêts, actuellement incubé par Rainforest Foundation Norway (RFN), a été créé pour faciliter l'accès direct des peuples autochtones et des communautés locales aux financements destinés à leurs territoires.
Les représentants des communautés sont majoritaires dans l'organe de décision du Fonds et participent à la définition de ses orientations stratégiques.
Pour Félix Mukwandja, Programme Manager du FCF, le passage de onze communautés soutenues lors de la phase initiale à 29 bénéficiaires de nouveaux financements marque une nouvelle étape dans le développement du mécanisme.
« Les premières subventions nous ont permis de tester le mécanisme avec onze communautés dans l'Équateur. Aujourd'hui, certaines poursuivent leurs projets grâce à un deuxième
financement, tandis que d'autres bénéficient d'un premier appui, notamment dans l'Est de la RDC. Notre ambition est de permettre à davantage de communautés forestières d'accéder à des
financements adaptés à leurs priorités. »
Les nouveaux financements couvrent désormais un éventail d'activités allant de l'agriculture et l'élevage à la pisciculture et l'apiculture, en passant par la transformation agricole, le transport et l'énergie solaire.
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